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18/12/2012

AIX ET PAYS D'AIX-L'AGRICULTURE CREUSE SON SILLON DANS LA NUTRITION MEDITERRANENNE

 

Aix : l'agriculture creuse son sillon dans la nutrition méditerranéenne

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Publié le mardi 18 décembre 2012 à 12H54

Le pays d'Aix va développer le volet alimentaire de sa charte agricole, trop souvent oublié

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la filière agroalimentaire mérite de passer à la vitesse supérieure. Les travaux de Thomas Erpicum et Edmond Méroni sur la qualité de la nutrition méditerranéenne ont convaincu aux dernières assises.

Photos S.SI. et C.B.

 

L'alimentation méditerranéenne (pour faire rapide, le régime crétois) est reconnue par les scientifiques de la planète comme le meilleur pour la santé. En Provence et dans le pays d'Aix, le consommateur a toute la palette des produits les plus sains, conçus dans le respect des chartes qualité les plus exigeantes, et finalement, on ne communique pas là-dessus.

Là où la marque "Jardins du pays d'Aubagne" chez nos voisins labellise des produits du terroir, ou celle "Sud de France" dans le Languedoc-Roussillon, devenue une étiquette reconnue, pas grand-chose n'identifie l'amande ou le pois chiche grandis sous le soleil aixois. Les dernières assises agricoles de la communauté du pays d'Aix, à la Chambre départementale, étaient consacrées au volet alimentaire et nutrition que les différents acteurs entendent désormais promouvoir et développer, notamment en étoffant la charte agricole écrite en 2005 par la CPA.

Et pour témoigner, deux nutritionnistes brillants : Thomas Erpicum et Edmond Méroni. Le premier a travaillé sur le phénomène d'augmentation des graisses dans notre alimentation, le déséquilibre entre oméga 3 et 6, et leurs conséquences sur l'accroissement de nouvelles pathologies -au travers de la filière Bleu-blanc-coeur, où l'on ne trouve aucun représentant du sud de la France, les producteurs ont inversé la courbe en modifiant, notamment, l'alimentation des animaux.

Le deuxième a créé en 1998 la marque Nutrition méditerranéenne en Provence auprès de la chambre d'agriculture, presque trop tôt. Une charte rigoureuse y fédère un certain nombre d'exploitants qui acceptent les contrôles sanitaires ; on y trouve des oléiculteurs, viticulteurs, producteurs de fruits et légumes et même, de viande de porc. À côté de cela, et certains agriculteurs assistant aux journées de la CPA l'ont dénoncé, on trouve aujourd'hui dans le commerce des produits se vendant sous l'appellation made in Provence quand 7 % seulement de leur composition vient bien du terroir. Pour Patrick Baillet, dirigeant de Marius Bernard, dont les conserves sont du 100 % pur jus local, pas facile de tirer les prix avec la grande distribution dans un secteur si dépendant des conditions climatiques. "

Quand je m'engage sur trois ans avec un producteur d'abricots et lui garantis un prix, comment je fais lorsqu'il n'est en mesure de ne me livrer que 10 tonnes au lieu de 25 l'année où le prix s'est envolé et qu'il a vendu ailleurs ?" Des exploitants de blé témoignent de la spéculation sur les prix : "C'est le marché qui fait tout. Avant, quand on se tapait dans la main, ça durait cinq ans ; Aujourd'hui c'est cinq minutes".

Le volet agroalimentaire sera intégré à la prochaine charte agricole du pays d'Aix. "On va notamment donner un coup d'accélérateur à la marque Terres de Provence que nous avons créée il y a dix ans, précise serge Briançon, chef du service Agriculture à la CPA. Afin que cette bannière regroupe toutes les démarches engagées et pas toujours visibles pour le consommateur".

"Terres de Provence", c'est un salon grand public annuel qui promeut les produits du terroir ; mais les actions sont multiples entre l'agritourisme qui se développe, la vente directe, les aides à la filière des plantes aromatiques ou les démarches AOC. Autant d'actions tous terrains qui gagneraient en vitrine si un label à conquérir les accueillait.

Les atouts de l'agriculture des Bouches-du-Rhône et du pays d'Aix sont pourtant reconnus. Comme le rappelle Edmond Méroni, responsable de Nutrition méditerranéenne en Provence, nous sommes le 1er département producteur de légumes, 2e en fruits, fort d'un vignoble aux multiples AOC, presque autant labellisant les huiles d'olive. Ce sont aussi des céréales, légumineuses, du miel des fromages de chèvre, des oeufs, dont de nombreux ont le label bio.

Le nutritionniste comptabilise leurs propriétés en radicaux libres, antioxydants, polyphénols, vitamines et autres oligo-éléments. D'autres sont surtout attachés à leurs qualités gustatives et leur provenance locale. Dans tous les cas, la filière agroalimentaire du Pays d'Aix a des défis à relever.

Carole Barletta

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