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23/09/2012

LA PROVENCE - RTE NATIONALE SUPPRESSION PASSAGE A NIVEAU DE LA CALADE

 

20 ans après le drame de la Calade le passage à niveau sera supprimé

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Publié le vendredi 27 juillet 2012 à 18H11

En 1993, trois enfants étaient morts dans une collision entre un train et leur bus. Le projet va enfin commencer

Jean-Marc Bardou, responsable d'opération et François Even, chargé d'études, sur le site du passage à niveau de la Calade. Depuis 20 ans, rien n'a changé.

Jean-Marc Bardou, responsable d'opération et François Even, chargé d'études, sur le site du passage à niveau de la Calade. Depuis 20 ans, rien n'a changé.

Photos Serge Mercier

La suppression du passage à niveau de la Calade aura longtemps été comme l'Arlésienne de la Nationale 7. Presque vingt ans qu'on en parle, et presque vingt ans que rien n'a changé. Que les véhicules continuent de franchir la voie ferrée entre des feux tricolores, tout près d'une stèle qui vient rappeler qu'ici, trois enfants sont morts. Il y a eu des projets, encore des projets, des revirements, des espoirs déçus. Enfin, le chantier va débuter.

Les travaux vont commencer pour de bon

"Le projet de suppression du passage à niveau de la Calade avait été initié par l'État après l'accident (en 1993) puis repris par le Département à la suite du transfert de compétences de la gestion des routes nationales aux conseils généraux", explique André Guinde, vice-président du CG 13 et délégué, notamment, aux transports. L'enquête publique a eu lieu, le projet déclaré d'utilité publique en décembre 2011 et les travaux vont commencer pour sécuriser le site pour de bon.

Avec, au coeur du projet, la suppression du passage à niveau et la construction d'un pont non loin de l'ancienne gare de la Calade. "Cette fois, soupire un riverain croisé sur place, on tient le bon bout ; on dirait". Pour preuve, et en détails, le projet comporte la réalisation d'un pont d'une soixantaine de mètres de long et d'une hauteur de 7 m qui passera par-dessus la voie ferrée et le chemin d'exploitation ; la création d'un carrefour giratoire sur lequel sera raccordé le chemin d'Antonelle ; une passerelle piétonne non loin du canal d'irrigation pour franchir la voie ferrée de part et d'autre des voies ; une déviation de la route.

"On a donc tout repris de zéro"

L'actuelle RD7N -l'historique Nationale 7 -, sera mise en impasse de part et d'autre du passage à niveau existant. Et une déviation d'une longueur d'1,5 km sera créée entre le chemin d'Antonelle et le carrefour giratoire de la Calade avec la RD63. Concrètement, la route que l'on emprunte aujourd'hui sera coupée et il faudra emprunter la déviation pour contourner la Calade. Que, d'un côté comme de l'autre, on pourra rejoindre par l'ancienne voie, mise en impasse en son milieu.

"La variante retenue (et entérinée en 2007, ndlr) permet la mise en sécurité des accès alentour dans un secteur qui pourrait offrir des perspectives d'évolution, annonce André Guinde qui ne cache pas son soulagement : on a perdu beaucoup de temps. Pendant toute la durée qui s'est écoulée entre l'accident et le transfert de compétences au Département, il ne s'était rien passé. On a donc tout repris de zéro".

Mise en service annoncée pour 2015

Pourquoi pas imaginer un pôle d'échanges permettant aux usagers de laisser leur voiture et prendre le bus ? Pourquoi pas, à terme, une gare routière pour mettre en lien tous les modes de transports ? C'est en tout cas ce que semblent envisager les acteurs du projet. "Au-delà du volet sécurité, signale l'élu, il pourrait y avoir une possibilité d'aménagement et d'équipements publics sur un terrain qui appartient à la Ville". Pour l'heure, et sur place, reste à disposer de la totalité des emprises foncières nécessaires.

Puis, on débutera avec la construction du pont, justement, avant de passer à la partie routière, explique Jean-Marc Bardou, responsable de l'opération. La mise en service est annoncée pour 2015. Pour un coût total de l'opération de 15 M€. Le financement se répartit pour 20 % pour le Département, 22,86 % l'État, 22,86 % Réseau ferré de France, 24,97 % la Région Paca et enfin, 9,32 % la communauté d'agglomération du pays d'Aix.

Des riverains avaient suggéré d'enterrer la voie ferrée. Très difficile, notamment en terme de faisabilité. Chaque jour, une moyenne de 20 000 véhicules franchissent le passage à niveau de la Calade.


L'accident : le 8 avril 1993, tragique retour de sortie scolaire

Pamela, Jean-Nicolas et Romain avaient 11 ans et rentraient d'une sortie scolaire organisée par leur institutrice. La classe de CM2 de l'école publique des Lauves revenait de Camargues, les enfants étaient ravis et cela sentait bon le printemps.Le minibus transportant les 23 élèves s'arrête sur le passage à niveau, entre les barrières qui se sont baissées en prévision du passage du train régional.

Le Marseille-Briançon percute violemment le minibus avant que tous les enfants n'aient eu le temps de quitter le véhicule. Trois sont tués sur le coup. Le chauffeur du bus, Jacques Dulong, qui avait été suspendu de ses fonctions trois semaines plus tôt, est tué également. Des parents de victimes, dont Pierre Randazzini très mobilisé, vont créer l'Avad, association d'aide aux victimes de l'accident de la Calade.

Le but était de soutenir les familles, mais également d'interpeller les élus sur le problème, récurrent en France, des passages à niveau. Une pétition avait même été lancée pour être envoyée au ministère. Ils avaient aussi demandé un vrai débat, et participé à une réunion à Paris, avec une carte de France pour recenser tous les passages à niveau où un accident était survenu.

Sèverine PARDINI

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