Avertir le modérateur

11/09/2012

INFO ECONOMIQUE - MARSEILLE :METROPOLE - AIX PAYS D'AIX

Bouches-du-Rhône - Aménagement- 10-09-2012
MARSEILLE. Métropole : les édiles attendent Jean-Marc Ayrault de pied ferme

MARSEILLE. Métropole : les édiles attendent Jean-Marc Ayrault de pied ferme

Jean-Marc Ayrault est aujourd’hui et demain à Marseille. Au menu, le projet de grande métropole associant les six intercommunalités actuelles.
"Le fait que l'Etat se saisisse de l'agglomération marseillaise ne saurait être interprété comme une stigmatisation ou une mise sous tutelle." Pour cette première rencontre interministérielle consacrée à une agglomération, en dehors du Grand Paris, le Premier ministre a pris quelques précautions dans son allocution, le 6 septembre. Mais les élus ont diversement apprécié cette intervention de l'Etat : dans leur collimateur : le projet de création d'une grande métropole d'1,8 million d'habitants avec un statut particulier, regroupant cinq intercommunalités autour de la Communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (les Agglos du Pays d'Aubagne, du Pays d'Aix, du Pays de Martigues, Agglopole Provence et le SAN Ouest-Provence). Principales pommes de discorde : la gouvernance unique qui priverait les maires de certaines de leurs prérogatives et la solidarité financière. Au-delà de la sécurité, thème qui a motivé la tenue en urgence de cette réunion après une série de règlements de comptes sanglants ces derniers mois, c'est toute l'administration de Marseille qui doit être repensée pour retrouver le "chemin du développement économique". "Ma conviction est que l'agglomération marseillaise a tous les atouts pour devenir une grande métropole et le pôle de rayonnement dont la France a besoin au sud du bassin rhodanien et sur la rive nord de la Méditerranée", a martelé Jean-Marc Ayrault, dénonçant des années d'inertie. Encore a-t-elle besoin d'un électrochoc, si on en juge par les nombreux rapports de la Cour des comptes pointant le gâchis du port qui ne cesse de perdre des parts de marché, au profit de ses concurrents méditerranéens, dans un contexte de grèves à répétitions…

Un préfet chargé de l'agglomération

L'Etat entend ni plus ni moins créer un poste de préfet chargé de la stratégie de l'agglomération, placé auprès du préfet de Région. Quant aux compétences de cette métropole, elles toucheraient tout à la fois les transports urbains, l'environnement, le développement économique, l'enseignement supérieur et la rénovation urbaine, a précisé Jean-Marc Ayrault.
 Après un moment de stupeur, ce scénario a provoqué la réaction outragée des intercommunalités voisines qui ne voient pas pourquoi elles devraient mettre la main au portefeuille pour venir en aide à Marseille. "Il n'y a pas la moindre feuille de papier à cigarettes entre nous. Les élus locaux de tous bords sont vent debout contre la métropole Marseille", a aussitôt grincé la présidente UMP de la CPA, Maryse Joissains. Avec les dirigeants des autres EPCI du département, en dehors de MPM, l’édile aixoise milite en faveur de la mise en place d’un pôle métropolitain, instrument plus souple, et surtout moins intégré, issu de la réforme des collectivités. Hasard du calendrier, le projet était d’ailleurs à l’ordre du jour d’une réunion des présidents des EPCI ce 7 septembre à Arles. "On nous dit : Marseille a des problèmes, on va donc les étendre à tout le territoire. Mais c'est du délire ! Nous, on gère bien. On n'a pas besoin que des gens viennent prendre nos ressources. On n'a pas envie de lever d'impôts supplémentaires qui seront gérés à distance. Qu'ils commencent par régler leurs problèmes, ce qui va prendre des années, et on réfléchira peut-être après à davantage d'intégration", a martelé Maryse Joissains. "Le préfet des Bouches-du-Rhône a renoncé fin 2011 à faire un schéma départemental de coopération intercommunale" dans le cadre de la réforme territoriale, "et le délai prévu pour le faire est dépassé", a souligné l'élue. "Le gouvernement ne peut pas imposer la métropole, sauf à prendre une loi spéciale pour Marseille, ce qu'il n'est pas en capacité de faire", a-t-elle prévenu. Cette réticence transcende les clivages politiques : "Marseille est la seule grande ville en France plus pauvre que celles qui l'entourent. La mariée repousse plutôt qu'elle n'attire, donc il faut que l'Etat joue le jeu, comme le fait le conseil général", renchérit Michel Tonon, président (app. PS) de l’Agglomération Agglopole Provence (Salon-Berre). Même prudence chez Jean-Noël Guérini. Dans un communiqué, le président PS du CG 13 rappelle que la métropole "n’est pas l’unique réponse aux problèmes de l’agglomération marseillaise", enjoignant le chef du gouvernement à poursuivre "les discussions" afin "d’entendre tous les points de vue". Le Premier ministre devra faire assaut de persuasion lors de sa rencontre avec les présidents des EPCI ce mardi matin...

Préfet de police

Les élus marseillais, en revanche, ont accueilli favorablement les annonces du gouvernement. A commencer par le maire UMP de la cité phocéenne Jean-Claude Gaudin qui, après quelques échanges vifs avec le ministre de l'Intérieur par voie de presse, a finalement obtenu qu’une partie des quartiers sud soient eux aussi classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP). "L'Etat a eu la lucidité de ne pas opposer une partie de la population à une autre et Marseille ne sera plus coupée arbitrairement en deux", s'est réjoui l'élu… Ainsi deux ZSP seront créées, celle des quartiers nord, dans les jours qui viennent, dans le cadre de la première vague, et celle des quartiers sud, courant 2013. L'édile a par ailleurs souvent mis en avant les charges de centralité de sa ville, et peut aussi trouver dans le projet de métropole matière à satisfaction… Le président (PS) de MPM, Eugène Caselli, s'est félicité pour sa part que Marseille "retrouve un cap, une ambition et une autorité".
 Sans attendre la mise en place de cette métropole qui risque de prendre du temps, c'est sur la sécurité que le gouvernement entend agir au plus vite. Le modèle parisien est copié : un préfet de police de plein exercice sera compétent pour tout le département. La création des deux ZSP sera accompagnée du renfort de 205 policiers et gendarmes. Quant à la politique pénale, elle sera mieux orientée vers le crime organisé. Tous les règlements de comptes seront traités au sein de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS). Le parquet recevra le renfort de quatre magistrats. La délinquance des mineurs est aussi une priorité : un centre éducatif fermé sera créé à Marseille. 
Le plan gouvernemental prévoit enfin des mesures en matière d'éducation (pré-scolarisation des enfants dès deux ans dans les zones prioritaires) et de politique de la ville. Marseille expérimentera les "emplois francs" : une idée de l'Association Ville et Banlieue, qui consisterait à aider non plus les entreprises dans le cadre des zones franches urbaines, mais les emplois eux-mêmes, quelles que soient les entreprises, en fonction du domicile… En matière de transport, le gouvernement veut débloquer des projets dans les tuyaux, tel que le tronçon nord de la rocade L2 pour un lancement des travaux "avant fin 2013" et un achèvement "en 2016". Un projet entamé il y a vingt ans. Enfin, l'accélération de la mutation du port est annoncée, avec la confirmation de grands investissements : réouverture de la forme 10, terminal de transport combiné de Mourepiane, desserte routière de Fos avec le lancement des déviations de Miramas et de Martigues-Port de Bouc.

Photo : X - DR.

 

E-lettre Sud Infos | Publié le 10-09-2012

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu